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L’impact de la colère sur la santé

16 mai 2020
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Auteur: Annuaire Umuntu

La colère fait partie des émotions humaines de base au même titre que la tristesse, la joie, la peur, la surprise et le dégoût. La colère est néanmoins compliquée à appréhender. Elle se manifeste de différentes manières et bien que son but authentique et naturel soit de nous aider à mobiliser notre énergie et nos muscles pour nous défendre et de réagir à une situation de “crise”, la “mauvaise” colère peut être très destructrice et même si vous pouvez la réprimer voire l’éliminer, la colère orientée vers soi-même peut provoquer des états nuisibles à la santé, jusqu’à la dépression.

Lorsque nous ne pouvons pas gérer ou contrôler notre colère, nous sommes à la merci des manifestations qui l’accompagnent. Un nombre alarmant de personnes expérimentent quotidiennement des problèmes de colère non maîtrisée et beaucoup d’entre elles sont des jeunes.

Mais de façon plus large, comment pouvons-nous appréhender les impacts de la colère sur notre santé ?

1. L’origine de la colère

Cette émotion fondamentale peut survenir dans plusieurs cas.

En premier lieu – et c’est un réflexe de notre cerveau reptilien – nous nous mettons en colère quand nous sentons que nous sommes menacés. Et cela peut ou non être une situation réelle. Nous avons tous vu une personne se mettre en colère contre quelque chose qui n’est pas du tout une menace réelle à sa vie ou à son intégrité physique. Par exemple, l’agressivité naturelle de certaines personnes les rendent enclines à la colère. Dans la rue, certains chauffeurs énervés sortent de leur véhicule en proie à une violente colère alors que la menace réelle sur leur vie n’existe pas. Notre émotion puissante d’ego blessé peut constituer une “menace” et nous sur-réagissons.

En second lieu, nous pouvons nous mettre en colère lorsque nos attentes ne sont pas satisfaites. Lorsque quelque chose ne se passe pas comme nous le pensons, nous essayons de “prendre le contrôle de la situation” qui apparemment nous échappe, en recourant à la colère. Le cas existe également de la “juste colère” (ou révolte) face à une injustice ou une violence subie.

Enfin, certaines personnes sont de façon quasi permanente “en colère”. Elles portent en elles-mêmes des ressentiments puissants et créent un environnement qui rend les autres plus agressifs envers elles. Ainsi, elles favorisent parfois sans le vouloir une véritable spirale de la colère. Ces personnes ont une tolérance très faible aux perturbations de tout genre et certains déclencheurs vont provoquer chez elles une colère noire, rapide et totale.

2. Sur notre physique

Comme on l’a vu, elle déclenche la réponse “existentielle”, reptilienne, de notre organisme : le combat ou la fuite. D’autres émotions qui déclenchent cette réponse incluent la peur, l’excitation et l’anxiété. Les glandes surrénales inondent alors le corps d’hormones de stress, telles que l’adrénaline et le cortisol, affectant également notre immunité. Le cerveau éloigne le sang de l’intestin et vers les muscles, en préparation de l’effort physique intense qui est censé se déclencher immédiatement. La fréquence cardiaque, la pression artérielle et la respiration augmentent, la température corporelle croît également et la peau transpire. L’esprit est aiguisé et concentré.

Or, le flot constant de composés chimiques générés par le stress et les changements métaboliques associés dans notre organisme qui accompagnent la colère qui éclate peuvent éventuellement causer des dommages à de nombreux systèmes différents du corps. Certains des problèmes de santé à court et à long terme qui peuvent être liés à la colère comprennent notamment : les maux de tête, les problèmes de digestion, certaines douleurs abdominales, les accès d’insomnie, l’anxiété accrue, la dépression, l’hypertension, les problèmes de peau comme l’eczéma, les attaques cardiaques et même les accidents vasculaires cérébraux.

Si nous n’arrivons pas à gérer convenablement notre colère, si nous en sommes souvent victimes, les dégâts sur notre santé physique peuvent être durables, malheureusement.

3. Sur notre système immunitaire

Si nous sommes souvent en colère, nous sommes plus victimes de maladies. Dans une étude récente, les scientifiques de l’Université de Harvard ont découvert que chez des personnes en bonne santé, le simple rappel d’une expérience de colère de leur passé avait provoqué une baisse des niveaux d’immunoglobuline A, la première ligne de défense des cellules contre l’infection, et ce pendant pas moins de six heures. Un simple souvenir d’une colère passée fait baisser notre immunité !

En outre, des études sur les survivantes d’abus sexuels et sur des personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique suggèrent qu’elles ont des niveaux élevés d’hormones du stress. Dans ces groupes de victimes et d’autres personnes éprouvant de la solitude, de la colère, des traumatismes et des problèmes relationnels, les infections durent plus longtemps et les blessures prennent plus de temps à guérir. La colère n’aide pas à l’autoguérison.

Les problèmes de colère peuvent également aggraver notre niveau d’anxiété. Si nous sommes inquiets, il est important de noter que l’anxiété et la colère peuvent aller de pair. Dans une étude de 2012 publiée dans la revue Cognitive Behavior Therapy, les chercheurs ont découvert qu’elle peut exacerber les symptômes du trouble d’anxiété généralisée (TAG), une affection caractérisée par une inquiétude excessive et incontrôlable qui interfère avec la vie quotidienne d’une personne. Non seulement des niveaux plus élevés de colère ont été trouvés chez les personnes atteintes de TAG, mais l’hostilité – ainsi que la colère intériorisée et non exprimée en particulier – a grandement contribué à la gravité des symptômes de TAG.

La colère “permanente” engendre de l’anxiété, qui elle  fait aussi baisser l’immunité.

4. Prévention et gestion de la colère

Après une colère incontrôlable, vous pouvez décider de vous punir et par conséquent, vous souffrez d’un certain sentiment de culpabilité, voire de honte suite, à la réalisation de votre comportement abusif. Vous sentez que l’énergie de la colère restante est lentement dirigée vers vous-même, en vous, ce qui vous affaiblit et vous donne l’impression de subir les événements autour de vous. À terme, ce sentiment général d’infériorité peut entraîner une dégénérescence de votre estime de vous-même.

En vous laissant envahir par la “faiblesse post colérique”, lorsque les gens vous disent que vous les laissez tomber ou que vous êtes stupide ou que vous en avez honte, cela renforce encore les croyances négatives fondamentales à votre sujet. Vous détestez ces sentiments et vous pourriez éventuellement en avoir honte. Vous construisez alors un mécanisme de défense pour faire face à ces obstacles et essayez de répondre de la meilleure façon possible. Il est probable que vous réagissiez négativement aux personnes ayant les mêmes traits de personnalité que vous, car elles sont le reflet de vous-même. Inconsciemment, vous croyez que le fait d’accuser et de blâmer les autres vous mettra en lumière.

Comment combattre ces effets négatifs de la colère et mieux la gérer ?

La prochaine fois, si vous êtes en proie à une pensée négative, vous devriez chercher quelques preuves solides pour la soutenir. Si vous n’en trouvez pas, vous devriez contester la pensée avec assurance et avancer immédiatement car la vie est trop courte, alors cela ne vaut pas la peine de perdre votre temps avec des pensées sans importance.

Certains adolescents, adultes et enfants sont sujets à des excès de colère irrépressibles, ce qui provoque à l’école des difficultés parfois ingérables. Ces excès sont souvent le résultat d’une émotivité mal gérée. D’ailleurs, l’expression appropriée de la colère en société est un comportement acquis, qui s’apprend. Pour les aider, on peut par exemple :

  • mimer et expliquer une situation,
  • leur expliquer que cette émotion est naturelle et doit être exprimée de manière contrôlée,
  • enseigner des compétences pratiques en résolution de problèmes,
  • encourager une communication ouverte,
  • leur permettre d’exprimer leur colère, mais de façon appropriée,
  • leur expliquer la différence entre agression violente et colère.

Gérer la colère n’implique pas de la retenir ou d’éviter les sentiments associés. Faire face à la colère est une compétence acquise – presque tout le monde (y compris vous) peut apprendre à contrôler ses émotions avec du temps, de la patience et du dévouement.

Certains psychologues ont développé des méthodes pour contrôler et combattre les effets néfastes de la colère. Ainsi, il existe des techniques initiales et immédiates à essayer :

  1. Reconnaître les premiers signes de colère.
  2. Se donner du temps et de l’espace pour traiter les déclencheurs.
  3. Appliquer des techniques qui peuvent vous aider à contrôler la colère

Voyons certaines techniques de la psychologie énergétique qui ont été développées dans ce sens :

5. Apports de la psychologie énergétique pour la gestion de la colère

5.1 Techniques de libération émotionnelle (E.F.T. en anglais, pour Emotional Freedom Techniques)

Les techniques de libération émotionnelle (EFT) est un traitement alternatif pour la douleur physique et la détresse émotionnelle. On parle aussi de tapotement ou d’acupression psychologique. Selon son développeur, Gary Craig, une perturbation de l’énergie est à l’origine de toutes les émotions négatives et de la douleur. Bien que toujours en cours de recherche et d’évaluation scientifique, le tapotage EFT a été utilisé pour traiter les personnes souffrant d’anxiété et les personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT).

L’EFT peut être utilisée avec succès pour combattre l’impact de la colère sur notre santé. L’idée est de pouvoir tapoter des parties de notre corps lorsque nous ressentons cette émotion. Ne pas la rejeter, mais en quelque sorte “dévier” l’énergie négative dans les tapotements. Tout d’abord, et c’est important, vous devez vous permettre de ressentir la colère et de la reconnaître. N’essayez pas de la repousser, ni de la supprimer. Ces sentiments sont réels et ils sont les vôtres. Ne les jugez pas bien ou mal. Acceptez simplement ce que vous ressentez.

Deuxièmement, il faut faire le choix de ne pas perpétuer le problème à l’origine avec colère. Le réaliser ne change rien et ne fait que vous blesser. Les meilleurs choix, réponses et décisions sont faits dans un esprit paisible et clair, pas en colère.

Troisièmement, il faut utiliser les tapotements pour déplacer rapidement la colère. Pas pour le bien de tous, mais pour le vôtre. Vous n’avez toujours pas à tolérer ou à accepter les parties incriminées dans votre colère ressentie, mais vous pouvez leur détourner votre énergie que vous savez négative. Ne donnez pas votre pouvoir – en quelque sorte – en gaspillant toute cette énergie en colère contre eux.

5.2. Reed Eye Movement Acupressure Psychotherapy (R.E.M.A.P.)

La REMAP est une forme de psychothérapie améliorée par l’acupression conçue pour traiter les problèmes à base d’amygdale qui ont un impact sur le mésencéphale émotionnel. Ces problèmes provoquent une activation excessive du mécanisme de lutte ou de fuite du système nerveux sympathique.

Ces points sont activés afin de réduire rapidement et de libérer progressivement les troubles d’anxiété et de stress (SSPT, phobies, crises de panique, etc.), le chagrin de longue durée, la colère et les problèmes émotionnels généraux. Les pré et post-tests ont montré des résultats impressionnants, et notamment dans quelle mesure et à quelle vitesse des changements positifs se produisent.

6. La méditation

La méditation a souvent été rejetée comme étant une tradition religieuse ou une pratique mystique, mais de plus en plus de recherches scientifiques révèlent que loin d’être une pratique liée à une foi ou à un culte, la méditation offre des avantages prouvés pour le bien-être émotionnel, mental et même physique. La méditation est liée à un plus grand sentiment de paix et de contentement, ce qui peut aider à contrôler les méthodes potentiellement nocives ou malsaines d’expression de la colère.

Bien que la méditation commence à montrer rapidement des effets positifs, ce n’est pas une stratégie rapide et ponctuelle pour garder la colère à distance, comme l’EFT. La méditation offre à ses praticiens la possibilité de ralentir, de ressentir profondément et d’évaluer les expériences et les émotions au fur et à mesure qu’elles surviennent plutôt que de réagir immédiatement à toute émotion qui s’est produite. Cela est particulièrement utile à propos de la colère, car la colère est souvent l’émotion liée à la violence, à la peur et aux bouleversements émotionnels dramatiques. Avec une utilisation cohérente, la méditation peut s’avérer un antidote efficace et durable à la réactivité colérique et peut aider celle et ceux qui y recourent à canaliser et à ressentir la colère de manière saine et globale.

La méditation n’est pas toujours la seule réponse à l’éradication ou au tri des problèmes de colère ; bien que la méditation puisse certainement aider à apaiser les accès de fureur apparemment insurmontables, certains cas nécessitent une aide supplémentaire. De nombreux thérapeutes et conseillers peuvent incorporer la méditation dans un coaching continu de gestion de la colère et des avenues similaires pour créer une pratique de méditation unique en fonction de vos objectifs et besoins spécifiques.

Certaines personnes, par exemple, espèrent simplement ressentir moins de crises de colère, visant plutôt des sentiments de contentement. D’autres sont désespérées de trouver quelque chose capable de rassasier la “faim rugissante” créée par leur colère et la violence correspondante qu’elle déclenche. Dans ces deux cas négatifs, la méditation peut être utilisée pour concevoir un plan de traitement comprenant des outils et des routines de méditation personnels, notamment en améliorant le discours sur soi, en créant plus d’espace pour la compassion et l’empathie et en tenant compte des perspectives des autres qui nous entourent. Améliorer l’expérience de la colère ne consiste pas à rejeter complètement vos sentiments, mais à déterminer ce qui est à l’origine de la colère chronique et à guérir les croyances et les expériences créant des réponses puissantes et négatives.

La méditation est un outil puissant pour se calmer à long terme et se libérer d’une grande partie de la colère et de ses effets négatifs.

7. Les bienfaits de la colère ?

La colère peut toutefois revêtir des aspects positifs. Ce n’est pas un paradoxe, car la colère fait partie de notre “bagage” génétique et naturel. C’est notamment le cas de ce que l’on appelle la “juste colère” face à une situation injuste, un danger immédiat, lorsqu’on est témoin d’une situation où d’une victime qui subit une violence et que l’on se mobilise pour “aider” et soulager.

En fait, la colère elle-même est une sorte d’énergie positive et une puissante force de motivation. La recherche a montré que la colère peut nous pousser à atteindre nos objectifs face aux problèmes et aux obstacles. Quand nous estimons que quelque chose ou quelqu’un nous serait bénéfique mais pour l’instant hors de notre portée, nous le voulons davantage lorsque nous sommes… en colère. Ainsi, lorsqu’elle est utilisée correctement, la colère constructive peut vous faire sentir fort et puissant et vous aider à obtenir ce que vous voulez.

Ensuite, la colère est une réaction naturelle à un préjudice causé par quelqu’un d’autre et c’est une façon non violente – dans un premier temps – de communiquer ce sentiment d’injustice. Il se lit sur les traits de notre visage. Or, les conventions sociales prescrivent généralement que la colère est dangereuse, que nous devons la cacher ou la réprimer. Le problème est que lorsque nous cachons notre colère, notre partenaire ne sait pas qu’il ou elle a fait quelque chose de mal et qui, justement, provoque notre colère. Et donc il/elle peut continuer de le faire. Et cela ne fait aucun bénéfice à la relation à long terme. Par conséquent, l’expression de la colère, si elle est justifiable et vise à trouver une solution plutôt que de simplement évacuer la “pression” sans la canaliser, peut réellement être bénéfique et renforcer les relations. Il faut donc reconnaître que nous sommes en colère et expliquer à l’autre, calmement, pourquoi. Ainsi pourra-t-on utiliser la colère positivement pour améliorer la relation.

La colère peut également nous donner une image fidèle de nous-mêmes, si nous prenons le temps de l’analyser afin d’en comprendre la source. Si nous pouvons remarquer quand nous nous mettons en colère et pourquoi, alors nous pouvons apprendre quoi faire pour améliorer notre vie. La colère peut donc motiver le changement de soi par l’introspection honnête.

Puis, bien que la colère précède parfois la violence physique, elle peut aussi être un moyen de réduire la violence. Comme les stigmates de la colère sur le visage d’une personne sont un signal social très fort – et qui est mondialement reconnu par tous les humains comme faisant partie des émotions de base – qu’une situation conflictuelle doit être résolue. Quand les autres voient le signal, ils sont plus motivés pour essayer de calmer la partie en colère.

Et si vous n’êtes toujours pas convaincu/e que la colère puisse réduire la violence, imaginez un instant un monde “sans colère” où les gens n’auraient aucun moyen de montrer ce qu’ils ressentent à propos de l’injustice d’une situation. Pourraient-ils ainsi “sauter directement” à la violence? La colère est donc une sorte de “fusible” qui saute AVANT que la violence n’éclate. Eh oui !

 

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